Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 13:30
Aucun message depuis dix mois. Pour cause, je suis rentré en France depuis le 25 février !

Un petit paragraphe tout de même pour annoncer la préparation de trois choses :

- un album photo ;
- un petit livre avec des anecdotes assez crues, dans la continuité de ce blog ;
- une vidéo de plus d'une heure mélangeant analyse architecturale et quotidien.

Je publierai les liens permettant d'accéder à tout ça dès la publication !

Dewa, mata !
Par Léo - Publié dans : Divers - Communauté : Tout sur le Japon
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Jeudi 15 janvier 2009 4 15 /01 /2009 06:45
Maison d'accueil pour les étudiants étrangers


Note : Beaucoup de termes japonais seront utilisés. Je rappelle que le pluriel n'existant pas en japonais, les mots issus de cette langue sont invariables et ne peuvent donc pas prendre de S.


Programme : Concevoir une résidence d'accueil pour les étudiants étrangers à Tôkyô, dans le quartier Ouest de Uehara. La maison devra pouvoir accueillir quinze personnes dans plusieurs configurations, dont des chambres simples et doubles, ainsi qu'une pièce de 20m² pour le gardien. La résidence devra être unisexe. Les matériaux à utiliser sont de préférence le béton et le métal. Il faudra également penser à l'évacuation des personnes en cas d'incendie, et ce par un escalier judicieusement situé.


Contraintes : Le terrain représente une surface de 21,8m sur 15,6m, soit une surface de 340m². La surface totale du bâtiment ne devra pas excéder 150% de cette surface ; aussi, la surface de chaque étage ne devra pas non plus dépasser 60% de cette surface. Un possible sous-sol ne sera pas pris en compte dans les calculs.


La hauteur maximale de construction est de 10,3m, biseautée sur le nord pour les besoins en lumière naturelle des alentours.


Il faut prévoir un espace de sortie de secours de 2m de large au minimum, du côté de chaque sortie, ou en cas de présence de balcon.


Eléments à rendre : Sur des planches A1, rendre le concept, un plan masse au 1:200, les plans d'étage au 1:50, deux élévations au 1:100, deux coupes au 1:100, une maquette au 1:50 ainsi que d'autres éléments supplémentaires tels que rendus ou croquis.


Rendu de Masse Modélisation du quartier Uehara. La résidence se situe dans la partie haute de la moitié du bas. Le bâtiment en forme de croix est Tokai University.



Comment accueillir des étudiants étrangers à Tôkyô ? Veulent-ils adapter leur propre style de vie ou préfèreraient-ils découvrir le style nippon ?


Je pense qu'une bonne partie aimeraient trouver certains caractères japonais. Sans tomber dans l'exotisme ou autres stéréotypes, j'ai alors pensé à une maison d'accueil dans laquelle serait mélangés styles de l'occident et de l'archipel.


Mon but n'est pas de reproduire une habitation typique japonaise : trop coûteux, compliqué et surtout inadéquat.


Premièrement, c'est pourquoi j'ai utilisé des matériaux contemporains tels le béton banché, et le métal pour les chainages ainsi qu'une partie de la structure. Aussi, j'ai conçu les salles communes ( salon, cuisine, douches ) sur le modèle occidental.


Rendu 3D 1


Rendu 3D 2 Vues respectives du nord-est et du sud-est


Contrairement à cela, j'ai trouvé intéressant de concevoir des chambres avec des caractéristiques de l'aménagement intérieur japonais.


La surface des pièces n'est pas calculée en mètres carrés mais en tatami, ce qui organise alors la conception des pièces. En effet, un tatami représente approximativement cent quatre-vingt centimètres sur quatre-vingt dix, soit deux carrés mis côte-à-côte ; mais cela représente surtout la superficie nécessaire pour un homme allongé.


J'ai fait ce choix pour tout d'abord adapter des standards de pièces, à savoir un, deux, trois, quatre et demi, six, huit, dix ou douze tatami, mais aussi pour étudier un système de mesures empiriques calqué sur le corps humain. Composé d'unités telles que « ken » ( une longueur de tatami ), « shaku » ( un sixième de ken, correspond aussi à la longueur d'un avant-bras ), « sun » ( un dixième de shaku ) ou encore « tsubo » ( la surface de deux tatami, soit environ 3,3m² ), ce système n'est aujourd'hui presque plus utilisé, et ce depuis 1945, au détriment du système métrique.


Les tatami représentent donc le dernier système encore très utilisé, bien que modernisé et principalement usité pour des raisons économiques, la standardisation des mesures permettant de ne pas utiliser de trop nombreuses banches différentes par exemple, les constructions en béton banché étant très nombreuses aujourd'hui.


Aussi, j'ai disposé un « geikan », vestibule dans lequel le locataire peut retirer ses chaussures, tradition encore largement utilisée aujourd'hui afin de ne pas introduire la pollution et autres poussières de l'extérieur à l'intérieur. Comme autre particularité, j'ai créé un espace en alcove, ici appelé « tokonoma », dans lequel est traditionnellement disposé une sculpture, une estampe ou une composition florale ( « ikebana » ) suivant la saison. Ici, comme dans de nombreuses constructions contemporaines, j'ai adapté ce renfoncement aux besoins d'aujourd'hui en meuble pouvant simplement accueillir télévision ou livres.


Les fenêtres sont coulissantes, en bois et verre translucide, afin de rappeler le « shôji », papier de riz posé sur les coulisses habituelles, créant ainsi des effets de translucidité et d'espaces très intéressants. Dernièrement, hormis pour le dortoir, je n'ai pas installé de sommier, en faveur des « futon », matelas en fibres flexible, rangé le matin dans un « oshiirei », afin de libérer l'espace pour la vie diurne.


Je propose plusieurs configurations de chambres, de la petite de trois ou quatre tatami jusqu'à la double de douze tatami, accueillant également le gardien de l'immeuble, en passant par la chambre standard de quatre tatami et demi, module standard ici pour une chambre d'étudiant. Les locataires de très courte durée pourront aussi profiter d'un dortoir pouvant accueillir quatre personnes.


Configuration 1 Configuration 1 : petites chambres de trois ou quatre tatami pour une personne


Configuration 2 Configuration 2 : chambre standard de 4.5 tatami, avec un ajout de 1.5 tatami pour le vestibule et l'accès au oshiirei., pour une personne.

Configuration 3 Configuration 3 : Chambre double de douze tatami, avec toilettes privées et petite cuisine. Héberge également le gardien.


Configuration 4 Configuration 4 : Dortoir pour les hébergements de très courte durée. Peut accueillir jusqu'à quatre personnes. Installer des sommiers fut une erreur, j'aurais du simplement aménager un oshiirei avec des futons.


Concernant l'aménagement du bâtiment, l'objectif premier était de ne pas strictement délimiter l'intérieur de l'extérieur ; et ce par des zones tampons ( ici appelées « ma », mais dont je n'ai pas repris les principes ), composées de persiennes en bois. Tout comme les moucharabieh, le principe est de permettre une vue sur l'extérieur tout en étant occulté par la différence des luminosités respectives. Vous ne pouvez ni vous sentir à l'intérieur, ni à l'extérieur.


Mon opinion finale sur mon propre travail : Le terrain du mélange de plusieurs cultures est souvent bien glissant, et il faut prendre garde à chaque instant de ne pas tomber, en l'occurence dans le stéréotype et le ridicule.


Je reconnais avoir fait de choix par envie, voire par caprice de m'initier à quelques valeurs de la construction et l'aménagement japonais. Je suis si intrigué par tous ces éléments que je n'ai pu m'empêcher de me les approprier.


Néanmoins, tout au long du projet j'ai gardé cela en tête et me suis efforcé de ne pas faire un vulgaire plagiat, qui par définition eut été raté et donc kitsch, mais d'apporter ma patte française. Aucune prétention là-dedans, simplement un esprit formé par une autre culture et une autre éducation, que j'ai essayé de surprendre en me lançant un défi.


Au final, je suis satisfait du travail rendu, tant par la qualité des rendus qui tendent vers ce que je désirais, ma présentation en anglais qui s'est bien déroulée, pour avoir pu mener le projet dans les temps sans précipitation, et surtout pour m'être initié à des choses qu'aujourd'hui je comprends mieux. J'espère avoir perdu de ma naïveté tout en gardant mon émerveillement.





Plan du rez-de-chaussée ( sans échelle, nord vers le bas )

Plan du premier étage


Plan du second étage

Façades et Coupes


Note : Je me demande toujours pourquoi j'ai mis autant de toilettes.


Par Léo Martial - Publié dans : Tokai University - Communauté : Tout sur le Japon
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /2009 09:00
Quand une idée demande une traduction

22 décembre 2008, rendu final du cours annexe d'urbanisme à Shonan Campus.

Dirigé par le professeur Hanyu, japonais francophone toujours souriant, le projet consistait à faire des modifications majeures dans une rue de Koga, une petite ville dans le nord de Tôkyô. Assez connue pour son aspect pittoresque, mais peu touristique pour son manque d'activités et, sans être méprisant, de quelconque intérêt particulier.

Notre travail, élargir de six à douze mètres une rue de deux cents mètres de long coincée entre deux avenues majeures. Composée d'habitations individuelles en bois toutes de plain-pied, certaines classées dans le DoCoMoMo, avec pour certaines pignon à quelques centimètres de la route.

Pour nous, français, il nous parût évident qu'il était nécessaire de tout démolir pour reconstruire, malgré la facilité de cette décision et le choix de détruire des bâtiments mineurs protégés. Ce projet étant un travail de groupe, à savoir trois japonais, Kimi, Shô, Ikuya, mon comparse français, Nicolas, et moi-même, nos camarades nous exposent leurs premières idées.

La première impression fut une belle incompréhension totale. En effet, le projet est de couper les parties des maisons qui dépassent du nouveau trajet de douze mètres de large. Aussi, il est prévu de laisser en place les parties des maisons au-délà de la hauteur voulue sur les côtés, c'est-à-dire environ cinq mètres.

Bien que franchement étonné de cette idée, je n'ai pas demandé à répéter, étant donné les diagrammes et coupes de principes bien claires en plus du discours. Cela me paraîssait si évident qu'il était nécessaire de tout démolir. Aussi, lorsque j'ai demandé s'ils avaient songé à ce que penseraient les habitants de voir leur maison coupée ainsi, j'ai eu le droit à une affirmation précédée d'un regard mutuel pour le moins hésitant. Pour eux, aucun problème, les gens l'accepteront. On traîne dans le grand n'importe quoi.

Bref, couper une maison est difficile techniquement, et surtout innaceptable pour les pauvres riverains qui n'ont rien demandé. On entre alors dans le domaine du bricolage plutôt que de l'urbanisme.

Néanmoins, en toute honnêteté, on a accepté pour franchement voir le développement et la tournure que pouvait emprunter une telle idée.

L'accent à alors été mis sur le développement de petites activités, commerces ou points de rencontres semi-couverts, par les pans de toiture " non-coupés ", qui borderaient alors la voie routière. Mignon dans notre présentation, mais définitivement pas crédibles par notre idée, les professeurs n'ont pas manqué de nous le rappeler au cours de notre présentation finale en japonais et anglais, sans toutefois nous ridiculiser.

J'essaye alors d'écoper le navire en prenant la parole et en essayant toutefois de convaincre le jury que tout démolir eut été trop aisé et que cette idée relevait du challenge. Bref, un tissu de mensonges pour couvrir une belle connerie.

Au final, architecturalement parlant, l'intérêt de ce projet fût proche du néant, mais au niveau personnel, j'ai pu constater ce que pouvait engendrer des difficultés à se comprendre, qu'il s'agisse de la langue, mais aussi de la confrontation d'idées qui ont germés dans des esprits formés dans des pays et cultures différentes.


Par Léo Martial - Publié dans : Shonan Campus - Communauté : Tout sur le Japon
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /2009 08:55
Judicieux Audacieux

Un petit article sans grand intérêt aujourd'hui, juste pour relater l'écarquillement occulaire assez important lors du constat du budget alloué aux décorations et animations de Noël.

Le campus, par définition, est grand, énorme, et il faut plusieurs minutes de marche pour aller d'un bâtiment à un autre. Pourtant, la plus grande partie était recouverte par les lumières dans les arbres, et par le son que crachait un haut-parleur en fin d'après-midi.

Chaque semaine, des affiches en bois de deux mètres sur trois étaient disposées sur le bord de l'allée principale, pour des clubs ( très courants dans la vie lycéenne et universitaire nipponne ) ou encore des petits événements. Un investissement des étudiants encore là pour Noël, avec des attractions débiles et des décorations étranges.

Mais c'est toujours sympa.

Shonan durant Noël
Shonan durant Noël


Par Léo Martial - Publié dans : Shonan Campus - Communauté : Tout sur le Japon
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /2009 08:00
Please do it at home
La compagnie de métro de Tôkyô vous prie de bien vouloir aller vomir chez vous

Que tous les émétophobes se rassurent, cet article ne constitue en rien une incitation aux beuveries privées ou encore à l'ingestion de fruits de mer douteux. Que cache donc ce titre étrange ?

Please do it at home : " Faites-le à la maison ! "


Il est assez courant de croiser ce genre d'affiches dans de nombreuses stations de métro tokyoïte. Si les compagnies ont pris la peine de mener une telle campagne, c'est que le phénomène est très répandu ; j'ai pu le constater. En effet, bien que notre idée du japonais travaillant tout le temps soit éxagéré, proche du stéréotype, elle part pourtant bien d'un type particulier d'individu, le cadre. Beaucoup de ces cols blancs, très propres sur eux durant les jours ouvrés, profitent de la fin de semaine pour se relâcher, ou plutôt se lâcher.






Please be conne at home Après plusieurs journées intenses, l'envie d'aller boire plus qu'un coup devient pressente. C'est ainsi que chaque vendredi soir, ou surtout chaque samedi soir, vous pouvez croiser à chaque coin de rue des quartiers branchés un groupe d'hommes en costumes noirs ou gris anthracites, toujours avec leurs malettes à la main, mais cette fois avec également l'un d'entre eux sur les épaules de ses camarades, complètement fait. Bruyants, parfois amusants, parfois incomodants, rarement aggressifs, souvent déplorables ; à peu de choses près, l'image d'un beurré que l'on connaît tous très bien et que l'on a dû supporter plus d'une fois.

Le souci, c'est que parfois l'entraide n'est pas de mise, soit parce que les symptômes sont venus après les au revoirs, soit parce que vos collègues ne vous aiment finalement pas. Peu importe la raison, au final, il est possible de jouir d'un magnifique spectacle que représentent quelques hommes d'affaires gisant dans leur propre vomi, paisiblement endormis dans leurs costumes, dans des les rares reçoins des gares puant l'urine.



Le regard de l'étranger blasé classique à éviter

Je ne ferais aucune extrapolation douteuse comme certains qui sont tentés de décrier la socièté japonaise comme instable et fondalement sale.

En effet, beaucoup d'étrangers viennent au Japon remplis d'idées reçues, de stéréotypes et de rêves, ce qui fût mon cas et l'est encore. Néanmoins, je m'efforce de conserver mon emmerveillement et de ne pas descendre subjectivement cette socièté au premier mal affiché.

Malgré ces tristes constats qui mettent au jour le mal-être de certains, la proportion d'alcooliques, ou plus précisément d'individus ne sachant plus se comporter dès leur sang imbibé d'éthanol me paraît plus faible, sinon similaire, à notre belle République Française.

Please do it at the beach
Les autres comportements

D'autres affiches de la même campagne, moins choquantes mais tout aussi interloquentes, avertissent les individus qui pourraient indisposer leurs voisins. Plusieurs interprétations me sont venues :

- Si ces affiches sont là, c'est que c'est réellement courant et qu'il est important de changer les moeurs ;
- Si ces affiches sont là, c'est qu'il s'agit d'un comportement marginal, et qu'il est important qu'il ne se propage pas à la grande majorité des usagers qui eux ont un comportement correct dans les transports.
- Si ces affiches sont là, c'est que vraiment beaucoup d'esprits nippons ont le goût de l'ordre et des règles.







Au final, j'en ai gardé ma deuxième interprétation avec un soupcon de troisième. Pour être plus clair, les comportements gênants dans le métro parisien sont tellement monaie courante que tout le monde s'y est hélas plus ou moins habitué.

Des rappeurs roumains aux connards à capuches qui écoutent de la musique avec leurs téléphones en passant par les grognasses qui racontent leurs vies au téléphone avec une octave bien trop haute pour être supportée sans avoir envie de meutre, beaucoup d'entre nous sont devenus assez apathiques face à ces problèmes si courants qu'il semble vraiment difficile de les éradiquer.

Au contraire, ces choses étant minoritaires dans les souterrains nippons, alors peut-être est-il possible de les améliorer avec juste une telle campagne. Une campagne publicitaire qui pourrait prendre les gens pour des cons penserait-on en France, mais peut-être pas ici, ou moins.

Note : Certains parisiens peuvent se souvenir des auto-collants posés sur les quais de certaines stations de métro il y a un an ou deux pour inciter les gens à ne pas bousculer lors des rentrées et sorties des wagons, retirés au bout de deux semaines après que les gens aient vraiment pensés qu'on les prenait pour des boeufs.

Par Léo Martial - Publié dans : Société - Communauté : Tout sur le Japon
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