Mardi 9 décembre 2008
My zubon is mouillé !
Where is my umbrella ?

Petit rappel des faits : au Japon, une goutte de pluie ne fait pas " plic ", mais " plouc ". En d'autres termes moins onomatopéïques, ici, quand il pleut, il pleut. Ah, attendez, Gérard veut prendre la parole :

Gérard : " Bah ouais mon gars, ici c'est pas d'la pluie d'tapette ! ".

Merci Gérard.


Rider on the Storm

Certains savent peut-être que j'aime rouler à moto, non pas parce que ça fait " vroup vroup " et que ça va vite, mais que les sensations sont tout autres et bien plus agréables qu'en automobile. Les inconvénients, outre le principal, la sécurité, c'est la pluie, acouplée à la nuit.

Qu'il est agréable de sentir son corps ne faire qu'un avec sa machine au travers des routes sinueuses de campagnes beauceronnes, au beau milieu des champs de blé dorés, sous une atmosphère crépusculaire.

Qu'il est désagréable de se sentir con sur un scooter, sous une pluie battante, en pleine nuit noire, vêtu d'un pantalon contre la pluie vert ( au demeurant mauvais ) et d'un simili cuir qui prend l'eau.

Les gouttes étaient grosses, au point de piquer vraiment le visage à quelques dizaines de kilomètres par heure, de paralyser temporairement quelques muscles faciaux par leur température. L'aventure est là.

Bref, des choses que vous ne pouvez pas comprendre, vous autres, automobilistes. ( C'est assez hautain comme ton ? )
Par Léo Martial - Publié dans : Divers - Communauté : Tout sur le Japon
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 6 décembre 2008
Samedi après-midi, lendemain du pré-jury, journée glandouille et besoin de se rafraîchir les idées. Le constat dans le miroir est quelque peu rebutant, coiffure anarchique et barbe innomable. Allons alors tester un barbier.

On peut en trouver très souvent, non pas à chaque coin de rue mais presque. Ils sont signalés par des cylindres rotatis de un mètre de haut, sur lesquels sont dessinés des lignes en diagonale, de manière à ce que la rotation donne un symphatique effet hélicoïdal. Trève de phrases avec des termes compliqués et qui ne servent à rien.

Tout d'abord, la réception est attentive, j'ai affaire à un artisan aux formules et gestes de politesse nombreux, à la limite du gênant, ce qui est assez courant dans de nombreux commerces et artisanats japonais. Je lui explique rapidement que j'ai besoin d'un rafraîchissement complet ; je m'installe alors dans un fauteuil en cuir très ferme non pas confortable, mais très ergonomique, et donc encore plus agréable.

Le fauteuil se bascule, j'ai alors en vision le plafond et des tubes fluorescents gresillants. Mais dès le premier contact physique avec la brosse, la tension baisse, les yeux se ferment. Le barbier m'applique en premier une crème sur les endroits les plus garnis, puis complète au blaireau avec de la crème à raser, chaudement sortie d'une machine la préparant sur place. Les poils épais et souples me détendent vraiment ; commence alors son travail de coupe avec une batterie de coupe-choux. Les gestes sont précis, courts, rythmés, et bien que mes yeux soient fermés, je peux sentir un poignet souple muni d'une grande dextérité.

Les phases de coupe sont ponctuées de serviettes chaudes, qui viennent compléter le travail des crèmes d'après-rasage, appliquées plusieurs fois. Elles sont appliquées fermement sur toute la machoire, et même une fois sur le visage entier, empêchant presque de respirer, mais diffusant l'odeur vigoureuse des produits dans mon nez.

Après trente minutes de pur bonheur, le siège se redresse et je constate mon visage rajeuni, puisque je ne l'avais pas vu alors depuis près de un an.

Je me délaisse de 2 500 yens ( environ 20€ ), un poil cher peut-être, mais si peu pour cette première expérience, et pour ce plaisir ponctuel.

Je complète cette envie de soins par une coupe claire chez la coiffeuse du coin ( bien que j'aurais pu le faire faire chez le barbier, surtout après avoir vu certaines étapes de coupe pour le moins intriguantes, comme le shampoing avec le corps basculé vers l'avant ). Je la termine avec une bonne douche écossaise.

Me voilà ( jeune ) homme neuf !
Par Léo Martial - Publié dans : Divers - Communauté : Tout sur le Japon
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 30 novembre 2008

Cyber-punk et anticipation


Décidement beaucoup de cinéma en ce moment sur ce blog, puisque après le studio Ghibli, je souhaite aborder un autre genre, bien moins poétique, mais tout aussi remarquable, l'anticapation dans les films d'animation japonais.


Dans ce genre se démarquent deux oeuvres : Akira, de Katsuhiro Otomo ( 1988 ) et surtout Ghost in the Shell, de Mamoru Oshii ( 1995 ).


Le premier, adapté d'un manga désormais culte, développé sur plusieurs milliers de pages et plusieurs années, décrit la socièté de Néo-Tokyo, la capitale nipponne vers 2030, après la troisième guerre Mondiale, et l'explosion d'une bombe atomique au coeur de Tokyo. Résolument pessimiste, toute l'histoire n'est composée que de personnages violents, calculateurs, étranges et inquiètants ; flics ripoux, adolescents sous amphétamines, enfants aux pouvoirs psychiques, relation malsaine de l'humain et de la machine, Akira représente avec Godzilla l'un des reflets les plus brillants du traumatisme des deux bombes atomiques de 1945.


Le contexte est posé, et je vais maintenant m'attarder sur Ghost in the Shell, qui pour moi est une oeuvre de référence, dans mon genre de référence, l'anticipation.


Contrairement à la science-fiction, que, sans vouloir être hautain, je trouve amusante mais en général dénué de profondeur, l'anticipation décrit notre socièté dans un futur proche, généralement entre 2010 et 2100 ( une vie d'homme ), généralement d'une manière pessimiste, où un élément déclancheur change radicalement notre manière de vivre. Un message, un avertissement y est souvent donné, et hormis quelques vulgaires brulots, il s'agit pour moi d'un très bon canal pour véhiculer des idées.


Un petit extrait de Ghost in the Shell, ou plus précisément l'interlude de la moitié du film. Laissez-vous envouter par les décors futuristes, mais pas fantaisistes, et surtout par la musique fabuleuse de Kenji Kawai.




Cette oeuvre constitue mon film préféré avec Minority Report, parce que la socièté future décrite ( 2029 ) est très plausible. Le contexte difficile est finement instauré ( économie régie par les multi-nationales, impuissance des états, apparition d'un nouveau terrorisme ) et rien n'est laissé au hasard.


Le film est principalement basé sur l'évolution de l'intelligence artificielle, qui a alors atteint un tel niveau de compléxité, que au travers des lignes de programmation se sont créées des âmes ( des Ghosts ) dans les cyborgs. L'un d'entre eux, se considérant intelligent, autonome, demandera une identité et la considération d'un être, tout comme les humains. La problématique est donc simple : quelle est la frontière entre une intelligence humaine et artificielle ? Peut-on considérer un cyborg jouissant d'une intelligence similaire comme un individu ?


Il est intéressant de voir que cette problématique ait été posée par des Japonais. Je m'explique.


Aujourd'hui, les deux religions majoritaires au Japon sont le bouddhisme, qui consiste à accéder à une intelligence et à un savoir supérieur par la méditation, et le Shintoïsme, dont les pratiquants considèrent que les animaux, les végétaux, les minéraux et même certains objes autour de nous ont une âme.


Aussi, j'ai pu voir de nombreux reportages à propos des fabuleux progrès de la robotique dans l'archipel nippon, et d'après les nombreux témoignages recueillis par les journalistes, ou par moi-même récemment, beaucoup de japonais seraient prêts à accepter ces machines comme des individus, puisque considérant étant remplis d'une âme, bien qu'il s'agisse d'un amas de circuits imprimés et autres composants électroniques.


Là où cela devient réellement intéressant, c'est que le gouvernement japonais actuel prévoit plus de trois millions d'emplois pour des robots à l'horizon 2025. Il s'agira de métiers de vigiles ou même de commis, mais cela reste conséquent, pour ne pas dire incroyable.


Le Japon est une île, et n'a pas eu pour le moment besoin d'immigration pour palier à des manques de main d'oeuvre ; c'est une explication du très faible nombre d'étrangers. Aussi, la population vieillit, et la retraite sera, bien plus que dans les autres pays développés, comme la France, très difficile à gérer et à supporter pour la génération active. Alors bien que les retraites soient prises bien plus tard que chez nous, il va falloir s'occuper des vieux, et pour cela de nombreuses aides seront assouvies par des robots.


Le problème est que les robots ne paient pas d'impôts, donc, très vraisemblablement, le Japon sera obligé de poser une difficile équation entre immigration et robotique dans quelques années.

Par Léo Martial - Publié dans : Divers - Communauté : Tout sur le Japon
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 30 novembre 2008

Aqua Boulevard ja nai yo


Sohey, un étudiant de Tokai anciennement en échange à l'ESA, nous propose de faire une petite virée à Aquacity, dans le quartier high-tech de Odaiba, situé sur un terre-plein entièrement artificiel construit dans les années 1970 et 1980.


Je pensais au début qu'il s'agissait d'un complexe aquatique tel Aqua Boulevard, dans le 15° à Paris, mais pas du tout ; c'est en fait un énorme centre de divertissement, dans lequel se bousculent des dizaines de restaurants, galeries commerciales, et surtout, des salles de jeux en tout genre.


J'écris un petit article dessus non pas pour raconter ma vie, parce qu'après tout on s'en fout, mais parce que je pense que ce type de sortie reflète assez bien les virées habituelles des jeunes japonais ( ou même de certains moins jeunes ).


Cela débute dans un restaurant où je me délecte du meilleur Oyako-don qu'il m'ait été donné de manger ( sorte d'omelette de poulet sur un bol de riz. Il y a une métaphore sur ce plat familial, où les oeufs représentent les enfants et le poulet les parents ... ), accompagné d'un petit pâté de tofu ( mais pourquoi j'ai pris ça ) et de l'indispensable bière pression. Bref.


Nous allons ensuite dans une salle de bowling, qui reste une activité relativement populaire là-bas, mais le plus intéressant fût la salle de jeux en tout genre, non pas parce que j'en raffole, mais parce que j'ai pu y croiser toutes sortes de profils différents : des familles jusqu'aux célibataires de 40 ans, en passant par les grosses pouffiasses de services actionnaires dans des sociètés d'auto-bronzants.


En essayant d'éviter des extrapolations hasardeuses, peut-être que ces centres palient le manque d'activités de plein-air demandant de la place, tels que le base-ball ou encore le le vélo-cross. Pourquoi je cite ces exemples ? Parce que des stands de frappe ou des jeux vidéo ( épuisant ) de vélo étaient là, qu'on les a essayés, que c'était marrant, et que ça marche !


Après m'être ramolli le cerveau avec d'autres jeux vidéo, des jeux d'adresses en équipe, des jeux de grappin ( où j'ai perdu, mais où un coup de poing bien placé à sauvé l'honneur ... ), nous rentrons avec nos amis japonais apparement aussi émoustillés de cette soirée de plaisirs.

Par Léo Martial - Publié dans : Divers - Communauté : Tout sur le Japon
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 30 novembre 2008

Miyazaki et Takahata


Petite visite au Musée Ghibli, vers Mitaka, dans le nord-ouest de Tôkyô. Petit rappel pour ceux qui ne connaissent pas.


Bien loin des dessins animés japonais des années 1980 et 1990 diffusés sur le Club Dorothée, controversés parce que mal dessinés, mal animés, violents ; le studio Ghibli, créé en 1985 par Hayao Miyazaki et Isao Takahata, est aujourd'hui l'un des produits culturels japonais le plus exporté et le plus connu dans le monde entier.


Remarqués par la grande richesse des dessins, la qualité exceptionnelle des animations ainsi que des scénarios profonds, des longs métrages tels que Nausicaä ( 1984 ) ou plus récemment Princesse Mononoke ( 1997 ) ont établi un profond respect de la planète entière envers ces oeuvres.


Trois bandes annonces des films qui me semblaient représentatifs du studio, à savoir , dans l'ordre chronologique, Nausicaä, le Tombeau des Lucioles ( 1988 ) et Princesse Mononoke.



Nausicaä de la vallée du vent 風の谷のナウシカ - Kaze no tani no Naushika )

Premier long métrage du studio, Nausicaä instaure les bases des revendications des auteurs. Sans être de vulgaires brulots, la majorité des oeuvres sont en effet des avertissements envers les agissements de l'Humanité détruisant la nature. Ici, l'histoire se situe dans un futur où l'Homme lutte contre une forêt toxique, mais à la végétation luxuriante. S'instaure alors un débat entre qui mérite de vivre entre la race humaine et les autres peuplades habitant cette forêt inhospitalière.




Le Tombeau des lucioles ( 火垂るの墓 - Hotaru no Haka )

Une oeuvre infiniment profonde et puissante, un peu à l'écart du reste de la production poétique du studio, puisque dirigée par Isao Takahata. L'histoire se situe au lendemain de la seconde Guerre Mondiale, où un jeune adolescent et sa jeune soeur de quatre ans se retrouvent à la rue sans rien avoir à manger. L'ainé devra alors faire preuve de courage et d'amour pour survivre et protéger sa benjamine.



Princesse Mononoke ( もののけ姫 - Mononoke Hime )

Note : Désolé pour la bande-annonce en français, mais impossible de trouver la version originale. J'en profite pour dire que ces films sont absoluments à voir en version originale.

Pour beaucoup le meilleur long métrage de la firme, du scénario et de son impact, jusqu'à sa plastique, avec une animation irréprochable, souvent époustouflante, des personnages attachants.
Encore une fois un hymne au respect de la nature, mais le tout très bien transcrit dans une oeuvre poétique, qui reste au coeur.


Le musée

Panneau Totoro

Après ce long rappel des faits, l'article sur le musée sera finalement assez court, puisque étant interdit de photographier l'intérieur du musée ( 99% de l'intérêt ), je m'en tiendrai à quelques descriptions pour mettre l'eau à la bouche de ceux qui envisageraient de faire un petit tour à Tôkyô.

Situé à Mitaka, un charmant quartier périphérique de Tôkyô, à proximité du célèbre parc Inokashira, le musée se signale d'abord par quelques panneaux " Totoro ", ou encore quelques traces de pas des personnages de ce dernier. L'excitation monte un peu pour le fan que je suis.


L'entrée, discrète par son allure, beaucoup moins de par les cris des japonaises en extase devant la maquette de Totoro sous vitrine installée quelques mètres derrière, se fait voir, ou plutôt entendre.

Quelques minutes d'attente, et j'entre alors, après avoir échange mes billets si difficiles à obtenir.

L'espace est subdivisé en plusieurs thèmes, parfois certains réservés à un film, d'autres à des principes d'animation. Pour exemple, la première salle exposait des principes relatifs à la chronophotographie.
La maquette la plus impressionnante était pour moi celle d'un poteau rotatif autour duquel étaient disposés une trentaine de figures décomposant un mouvement d'une seconde. Le tout était soumis à un strombinoscope dont la fréquence était réglée de manière à ce que les figurines s'animent d'elles mêmes. Epoustouflant.

Dans d'autres salles étaient exposées des aquarelles, des fusains, des bleus ou encore des pastels de décors de films, ou autres, à portée de main. Ecarquillements de yeux et respect total.

Après avoir parcouru diverses attractions, l'heure était venue d'aller regarder un court-métrage d'une vingtaine de minutes grâce au ticket-pellicule que l'on m'avait donné à l'entrée.

Je donne un avertissement, il faut aimer, ou tout du moins supporter les enfants, pour apprécier le musée. En effet, ces derniers sont déjà très chiants en France, mais les parents les sermonnent et les font généralement taire. Au Japon, les enfants étant les rois et gouvernant généralement leurs parents qui sont à leurs pieds, ils crient, passent devant vous, pleurent, cassent tout. L'entrée dans la salle de cinéma ne s'est donc pas fait dans le plus grand bonheur.

Par grand soulagement, les familles composées d'enfants braillards ont la bonne idée de se casser avant le début du film. Court métrage alors en rapport avec Mon voison Totoro, autre film extrêmement connu, avec des personnages particulièrement attachants et très populaires surtout auprès des enfants.


Ma conclusion du studio

Les créateurs du studio font partie de la génération qui a véçu au lendemain de la seconde Guerre Mondiale, où le gouvernement tolérait, voire encourageait, des atrocités écologiques telles que Minamata, tant qu'elles favorisaient le redéveloppement économique du Japon, alors très appauvri.

Aussi, beaucoup sont en rapport avec la prolifération du peuple japonais dans les montagnes ( images parlantes dans Pompoko du tractopelle géant dévorant les montagnes ), le respect moindre de la nature pour loger les familles ( bien que la densité reste très forte ).

Je pense alors que les oeuvres sorties de ce studio reflètent les sentiments amères de bon nombre d'individus de cette génération, et que l'une des motivations majeures est la transmission de ces valeurs qui ont été perdues au lendemain de la destruction de l'archipel nippon.


Par Léo Martial - Publié dans : Société - Communauté : Tout sur le Japon
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Catégories

Derniers Commentaires

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés