Miyazaki et Takahata
Petite visite au Musée Ghibli, vers Mitaka, dans le nord-ouest de Tôkyô. Petit rappel pour ceux qui ne connaissent pas.
Bien loin des dessins animés japonais des années 1980 et 1990 diffusés sur le Club Dorothée, controversés parce que mal dessinés, mal animés, violents ; le studio Ghibli, créé en 1985 par Hayao Miyazaki et Isao Takahata, est aujourd'hui l'un des produits culturels japonais le plus exporté et le plus connu dans le monde entier.
Remarqués par la grande richesse des dessins, la qualité exceptionnelle des animations ainsi que des scénarios profonds, des longs métrages tels que Nausicaä ( 1984 ) ou plus récemment Princesse
Mononoke ( 1997 ) ont établi un profond respect de la planète entière envers ces oeuvres.
Trois bandes annonces des films qui me semblaient représentatifs du studio, à savoir , dans l'ordre chronologique, Nausicaä, le Tombeau des Lucioles ( 1988 ) et Princesse Mononoke.
Premier long métrage du studio, Nausicaä instaure les bases des revendications des auteurs. Sans être de vulgaires brulots, la majorité des oeuvres sont en effet des avertissements envers les
agissements de l'Humanité détruisant la nature. Ici, l'histoire se situe dans un futur où l'Homme lutte contre une forêt toxique, mais à la végétation luxuriante. S'instaure alors un débat entre
qui mérite de vivre entre la race humaine et les autres peuplades habitant cette forêt inhospitalière.
Une oeuvre infiniment profonde et puissante, un peu à l'écart du reste de la production poétique du studio, puisque dirigée par Isao Takahata. L'histoire se situe au lendemain de la seconde
Guerre Mondiale, où un jeune adolescent et sa jeune soeur de quatre ans se retrouvent à la rue sans rien avoir à manger. L'ainé devra alors faire preuve de courage et d'amour pour survivre et
protéger sa benjamine.
Note : Désolé pour la bande-annonce en français, mais impossible de trouver la version originale. J'en profite pour dire que ces films sont absoluments à voir en
version originale.
Pour beaucoup le meilleur long métrage de la firme, du scénario et de son impact, jusqu'à sa plastique, avec une animation irréprochable, souvent époustouflante, des personnages
attachants.
Encore une fois un hymne au respect de la nature, mais le tout très bien transcrit dans une oeuvre poétique, qui reste au coeur.
Le musée
Après ce long rappel des faits, l'article sur le musée sera finalement assez court, puisque étant interdit de photographier l'intérieur du musée ( 99% de l'intérêt ), je m'en tiendrai à quelques
descriptions pour mettre l'eau à la bouche de ceux qui envisageraient de faire un petit tour à Tôkyô.
Situé à Mitaka, un charmant quartier périphérique de Tôkyô, à proximité du célèbre parc Inokashira, le musée se signale d'abord par quelques panneaux " Totoro ", ou encore quelques traces de pas
des personnages de ce dernier. L'excitation monte un peu pour le fan que je suis.
L'entrée, discrète par son allure, beaucoup moins de par les cris des japonaises en extase devant la maquette de Totoro sous vitrine installée quelques mètres derrière, se fait voir, ou plutôt
entendre.
Quelques minutes d'attente, et j'entre alors, après avoir échange mes billets si difficiles à obtenir.
L'espace est subdivisé en plusieurs thèmes, parfois certains réservés à un film, d'autres à des principes d'animation. Pour exemple, la première salle exposait des principes relatifs à la
chronophotographie.
La maquette la plus impressionnante était pour moi celle d'un poteau rotatif autour duquel étaient disposés une trentaine de figures décomposant un mouvement d'une seconde. Le tout était soumis à
un strombinoscope dont la fréquence était réglée de manière à ce que les figurines s'animent d'elles mêmes. Epoustouflant.
Dans d'autres salles étaient exposées des aquarelles, des fusains, des bleus ou encore des pastels de décors de films, ou autres, à portée de main. Ecarquillements de yeux et respect total.
Après avoir parcouru diverses attractions, l'heure était venue d'aller regarder un court-métrage d'une vingtaine de minutes grâce au ticket-pellicule que l'on m'avait donné à l'entrée.
Je donne un avertissement, il faut aimer, ou tout du moins supporter les enfants, pour apprécier le musée. En effet, ces derniers sont déjà très chiants en France, mais les parents les sermonnent
et les font généralement taire. Au Japon, les enfants étant les rois et gouvernant généralement leurs parents qui sont à leurs pieds, ils crient, passent devant vous, pleurent, cassent tout.
L'entrée dans la salle de cinéma ne s'est donc pas fait dans le plus grand bonheur.
Par grand soulagement, les familles composées d'enfants braillards ont la bonne idée de se casser avant le début du film. Court métrage alors en rapport avec Mon voison Totoro, autre film
extrêmement connu, avec des personnages particulièrement attachants et très populaires surtout auprès des enfants.
Ma conclusion du studio
Les créateurs du studio font partie de la génération qui a véçu au lendemain de la seconde Guerre Mondiale, où le gouvernement tolérait, voire encourageait, des atrocités écologiques telles que
Minamata, tant qu'elles favorisaient le redéveloppement économique du Japon, alors très appauvri.
Aussi, beaucoup sont en rapport avec la prolifération du peuple japonais dans les montagnes ( images parlantes dans
Pompoko du tractopelle géant
dévorant les montagnes ), le respect moindre de la nature pour loger les familles ( bien que la densité reste très forte ).
Je pense alors que les oeuvres sorties de ce studio reflètent les sentiments amères de bon nombre d'individus de cette génération, et que l'une des motivations majeures est la transmission de ces
valeurs qui ont été perdues au lendemain de la destruction de l'archipel nippon.
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