Mardi 18 novembre 2008
Anachronisme

Jeudi 13 novembre 2008, petite aventure en vélo jusqu'au Rainbow Bridge, pont suspendu au-dessus de la baie de Tôkyô achevé en 1993.

Arrivé à l'une des piles du pont, je délaisse ma bicyclette pour m'aventurer à pied sur cette construction tentaculaire. Pourquoi ce mot ? Simplement parce que le Rainbow Bridge rassemble plusieurs flux de circulations : plusieurs couches de voies routières et même un monorail, pour se redécanter à l'arrivée sur Odaiba.

Odaiba est un quartier entièrement artificiel, puisque construit sur des terre-plein, entre les années 1960 et 1980. Parcouru par le monorail futuriste Yurikamome, passant à 25 mètres d'altitude entre les tours, la construction fut stoppée au krash boursier de 1987, premier grand signe de faiblesse de l'économie japonaise d'alors. Aujourd'hui ponctué de zones vierges et autres friches, Odaiba n'en représente pas moins une partie du rêve Tokyoïte des années 80 de devenir l'une des villes les plus modernes au monde.

Rainbow Bridge 1 Rainbow Bridge 2 Rainbow Bridge 3 Rainbow Bridge 4 Rainbow Bridge 5 Rainbow Bridge 6
Par Léo Martial - Publié dans : Architecture - Communauté : Tout sur le Japon
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Jeudi 13 novembre 2008
Ou plutôt " J'irai dormir chez vous ".

Sans doute bon nombre d'entre vous ont déjà vu cette désormais célèbre émission qu'est " J'irai dormir chez vous ", présentée par Antoine de Maximy et difusée sur France 5.

Le principe est simple : notre joyeux journaliste, armé de deux caméras embarquées, doit se faire inviter à dormir chez des gens rencontrés dans la rue, et cela avec un anglais pour le moins approximatif et un japonais inexistant.

Les japonais ayant un état d'esprit différent du nôtre quant à l'accueil des inconnus ou même des amis dans leur maison, la mission s'avéra particulièrement difficile, et cet épisode au Japon devint fameux pour cette raison. En effet, il est peu courant qu'un japonais daigne vous inviter chez lui pour passer une nuit, ou ne serait-ce que pour boire un verre. Pour cela, il préférera sortir avec vous pour vaquer à différentes activités, de l'isakaya pour les salariés au karaoké pour les jeunes adultes post-pubères.


Par Léo Martial - Publié dans : Société - Communauté : Tout sur le Japon
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Dimanche 9 novembre 2008
Pique-assiette

" - Léo, ça te dit d'aller chez Marc ce soir ? "
" - Mmmh ... je sais pas trop ... "
" - Y aura de la bière et de la pizza ! "
" - OK, j'arrive ! "


Vous l'aurez compris, le sujet de cet article est particulièrement intéressant, puisqu'il s'agit d'une petite sauterie pour célébrer le départ de Tôkyô de Marc, un mec que je connais pas.

Une vue pas trop mal quand même ... Mais ça on s'en fout, parce qu'il y avait de la bière et de la pizza ; et aussi, j'avais eu vent que l'appartement était sympathique et jouissait d'une vue qui ne l'était pas moins. Je me prépare, j'enfile un T-shirt, une paire de chaussettes et mon costume de Super-Pique-Assiette et avec Nicolas, nous nous aventurons sur des avenues à la con pendant plus de une heure en vélo pour atteindre le but ultime : l'endroit où l'on peut manger des pizzas gratos !
Nous arrivons enfin, dans une tour d'environ trente étages à proximité de l'ambassade de France ( bien que notre hôte soit autrichien, enfin je crois ).


Le but ultime La première partie de la mission est remplie lorsque je me vois octroyé un gobelet, mais là reste le plus difficile, atteindre le buffet. Je suis alors soudain agressé par des japonaises qui veulent me parler. Résumé de la discussion :

La japonaise en face de moi : " Hey, how are you ? Where are you from ? "
Moi : " Eeeh ... France ! "
Moi, à l'intérieur : " Non mais je peux pas aller bouffer tranquille au buffet ? "



Waouh, c'est la fête !

Ayant rempli suffisament mon estomac pour être un minimum attentif à ce que les gens autour de moi pouvaient raconter, je passe alors du mode ENTENDRE au mode ECOUTER.

Je me rends alors compte qu'une japonaise essaye de me communiquer son amour de la culture traditionnelle japonaise.




Moi faire mumuse avec Solenne.



Je suis réellement en train de me rendre compte à quel point cet article ne sert à rien, donc j'arrête les frais. C'était une bonne soirée, et j'ai également fait mumuse avec Solenne et nos appareils photos respectifs.





Les trois coquillages
Néanmoins, je ne peux pas m'empêcher de faire un très court épilogue sur le fait que je n'arrive pas à me retenir de faire l'idiot à chaque fois que je trouve des toilettes électroniques. Le problème est que celles-ci étaient munies d'une alarme pour avertir en cas de problème. L'autre problème est que je m'en suis rendu compte après avoir appuyé sur le gros bouton rouge très tentant, et que le propriétaire ait accouru pour savoir s'il y avait un problème.
Par Léo Martial - Publié dans : Divers - Communauté : Tout sur le Japon
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Dimanche 9 novembre 2008
Plateau de sushi

Mais pourquoi il nous parle de sa vie et de son petit-déjeuner celui-là, on s'en fout non ?

Petit rappel du contexte. Je suis dans un restaurant à quelques encablures de marché aux poissons de Tsukiji, le plus grand au monde ( c.f. article précédent ) ; et après m'être aventuré quelque peu dans cette joyeuse anarchie, je prends alors la décision de tenter une dégustation de poisson. De ce point de vue, peut-être cet article peut soulever un quelconque intérêt. Si vous pensez que non, barrez-vous vade retro satanas je vous prierai de bien vouloir quitter ce blog.

Assortiment de poissons crus

Sortant du marché, j'entre dans un restaurant proposant divers poissons crus, dont sushi, sashimi, ou encore maki. La formule classique que l'on peut trouver dans des restaurants pseudo-japonais à Paris. Sauf que là, l'objectif était de trouver du poisson de grande qualité, toute autre que celle de notre chère capitale française. Mission accomplie.

Ca m'a pas l'air trop mal ce truc ... Plateau de 6 maki au thon rouge, commun mais néanmoins très bon, 6 sushi au thon rouge, saumon, poulpe, omelette sucrée et autres ( ça, ça veut dire que je savais pas ). Du gingembre sans colorant, et du wasabi à la consistance bien plus agréable que les chewings-gums auxquels on a le droit en France.

Une certaine anxiété monte lors de l'acheminement par baguette du premier sushi, en provenance du plateau, jusqu'à la surface de ma langue. Le goût et la texture seront-ils à la hauteur de mes espérances ?

3 centimètres, 2, 1, contact. Oh, ça fond. Oh, c'est bon.

Le sushi au thon rouge fut une belle introduction qui me rendit poète dans l'âme, heureux de faire plaisir à mes sens et à mon corps. Bien que ma sélection soit un assortiment de base, j'ai le droit de goûter à différents poissons crus de grande qualité, insoupconnée et ma foi vraiment plaisante. Cela est accompagné par un sushi avec une omelette sucrée surprenante, 6 maki également au thon rouge, venant structurer l'explosion de goût que m'ont procuré cette demi-douzaine de sushi. Je me délecte, et je ponctue mon plaisir avec le thé vert gracieusement fourni.

Oh, c'est nous. Une photo de nous qui sert à rien, mais ça fait joli ( ou moche, comme dirait les deux du fond là ... )

Je ne me suis pas aventuré dans d'autres sélections, mais pour information, pour pouvez commander vos sushi à l'unité. Cela peut paraître étrange, mais sachez que certaines espèces, telles le Maguro Otoro ( Thon riche ), peuvent atteindre 500Y ( 4€ ) pour une pièce à Tsukiji, le triple au coeur de Tôkyô. L'otoro constitue l'un des poissons les plus fantasmés au Japon. Sa chair est si riche en excellentes graisses, si adipeuse que l'on dirait de la viande rouge. Rien qu'à la vue, cela semble incroyable.

Fin du voyage gastronomique.


Matsumoto le forgeron


Petite escale dans un magasin de couteaux en apparence modeste, mais apparemment connu dans le monde entier à en croire la brochure que son charmant propriétaire nous a donné, à Nicolas et moi.

Matsumoto : 1 - Cetautomatix : 0 Matsumoto-san, qui nous a reçu dans la bonne humeur.

Polissage des lames Un des quatre assistants de notre ami forgeron, en train de préparer la lame du couteau dont Nicolas vient de faire l'acquisition. Au second plan, une partie de l'impressionnante vitrine du magasin.

Les couteaux sont impressionants de par leur finition, la qualité évidente du métal, leur nombre et leur diversité ( et aussi leur prix, ne l'oublions pas ( j'ai vu un couteau de grosse découpe à 85 000Y ( 650€ )). Un moment bref, mais très agréable, de l'essai de discussion en japonais avec le propriétaire, jusqu'à l'admiration du travail bien fait, et manifestement aimé.




Par Léo Martial - Publié dans : Tourisme - Communauté : Tout sur le Japon
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Dimanche 9 novembre 2008
Le plus grand marché aux poissons du monde ! Le marché aux poissons de Tsukiji, situé dans l'arrondissement de Chûô, est le plus important du monde, de par sa superficie et la quantité de produits maritimes débités quotidiennent. Image Wikipédia

Rungis puissance 4

Départ en bicyclette à 4h45 du matin de Ishikawa-dai en direction du marché Tsukiji. Situé au nord de la baie de Tôkyô, ce lieu, composée de trois halles couvertes et de dizaines de bâtiments annexes, représente le plus grand complexe d'échange de produits maritimes sur le globe entier. Quelques chiffres :

Une entrée chaleureuse ...

- entre 60 000 et 65 000 travailleurs chaque jour ;
- 400 variétés de poissons et crustacés, des sardines jusqu'aux thons rouges pouvant atteindre 300 kilos ;
- 2000 tonnes de produits débités chaque jour ;
- chiffre d'affaires quotidien de 600 milliards de Yens, soit environ 4,5 milliards d'euros ;
- ouverture à 5h20, fermeture à 13h00.




Une introduction un peu aride, mais qui donnera une idée à chacun et chacune de l'ampleur de cet espace.

Il est pas frais mon poisson ?


Un personnel accueillant ... Arrivée à 5h45 du matin. Je pose mon vélo à quelques encablures de ce qui semble être une des entrées du marché - en étudiant un plan j'ai pu constater que des dizaines de bâtiments répartis anarchiquement étaient parsemés aux alentours de la halle couverte du marché.

J'entre progressivement, mais très rapidement, dans une anarchie complète, où travailleurs du matin s'entrecroisent. Piétons, cyclistes, transporteurs de palettes, cyclomotoristes, automobilistes et camionneurs font leurs chemins respectifs dans ce qui s'apparente alors à une fourmilière. On se roule dessus, on se moque éperduement des autres ( surtout des touristes, là c'est compréhensible ), et le tout devient un endroit particulièrement dangereux, où il est nécessaire d'être particulièrement alerte. En effet, outre les nombreuses bicyclettes et charrues, il y a surtout ces transporteurs de palettes, armés de petits véhicules singuliers aux accélérations foudrayantes, et aux finitions de carrosseries inquiètantes, composées de morceaux de métal rouilles et autres clous symphatiques. Nombreuses ont été les fois où ces véhicules sont passés à une phalange d'auriculaire de mes jambes.

De charmantes hôtesses ... Le rythme étant pris, et ayant réellement réalise à quel point je pouvais enquiquiner les travailleurs avec mon appareil photo et donc ma marche relativement lente, je mitraille tout ce que je peux, tout se fait très vite. L'émerveillement est ponctuel et l'attardement n'est pas possible, à moins d'être particulièrement irrespectueux envers nos amis japonais qui triment pour gagner leur croûte.

Pour ne citer que quelques exemples, j'ai pu croiser le chemin, ou tout du moins regarder en plongée d'une manière relativement interloquée des crabes ( ou des trucs avec huit pattes en tout cas ) de 50 centimètres d'envergure, des thons de 250 kilos congelés découpés par des scies à ruban, des calamars de la taille de mon avant-bras, des seaux de sardines grouillantes, Marine Le Pen, des planches à découper dignes des films d'épouvante américains des années '90, des coquillages plus gros que ma tête.

Bref, une rejouissance complète.

Ah bah non, il est pas frais mon poisson ...

Un petit aparté sur les fugu, que j'ai aperçu à deux reprises. Il s'agit d'une espèce de poisson particulièrement réputée au Japon ; non pas pour sa chair, fade d'après ce que j'ai pu entendre, mais à cause d'un poison souvent mortel qui circule dans la peau, le foie, ou encore, chez les femelles, les ovaires. Il s'agit de la tétrodotoxine, une véritable saloperie qui agit en quelques heures sur le système nerveux et cause un arrêt cardiaque. Certains examens de grands cuisiniers japonais comportent une épreuve de coupe de cette espèce, qui doit être parfaite pour que le poison ne se répande pas dans la chair ; le cuisinier doit ensuite manger le poisson découpé par ses soins pour obtenir son diplôme. Il s'agit néanmoins d'une pratique relativement marginale, et sans grands risques puisque encadrée. Pourtant, des Japonais amateurs s'adonnent à cette pratique et plusieurs personnes en meurent chaque année.

Je vous invite à parcourir l'album photo ( mais après votre déjeuner ). N'hésitez pas non plus à poster un petit commentaire.

On se retrouve pour la seconde moitié de cet article, dans lequel je vous ferai part de ma délectation de ces fameux sushi ( rien à voir avec ce qu'on peut trouver en France ) !

Des animaux domestiques mignons tous pleins !
Une baignoire à votre disposition
Quelques collations à votre disposition.

En bonus, une petite vidéo du bal incessant des transporteurs de palettes, et d'une découpe impressionnante d'un thon rouge congelé, à l'aide d'une énorme scie à ruban, et qui amorcera la seconde partie de cet article.



Note : Suite à quelques remarques, je ne mets volontairement pas de S à la fin des mots au pluriel d'origine japonaise, tout simplement parce qu'il n'est pas indiqué de cette manière en japonais.

C'est la règle, maître Capello le confirmera.


Et puis merde après tout.
Par Léo Martial - Publié dans : Tourisme - Communauté : Tout sur le Japon
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