Présentation du groupe
Pour débuter, nous devions former des équipes de deux maximum. Etant donné qu'il était hors de question que Nicolas et moi travaillons ensemble ( on s'aime bien, mais cela aurait été un peu dommage
), Shô, ici sur la photo, s'est proposé de se mettre avec moi. C'est un gars vraiment adorable, il a 24 ans, il est marié, et son anglais s'améliore de jour en jour, à une vitesse folle. Rien
qu'entre mon jour d'arrivée, où il ne pouvait pas, ou n'osait pas formuler une phrase complète, et quelques jours après où son vocabulaire, qui s'est finalement avoué assez riche, s'est formé dans
des phrases hasardeuses mais toujours compréhensibles, il y avait un gouffre. Il est vraiment travailleur, motivé et je rigole vraiment beaucoup avec lui, et aussi bien sûr avec Nicolas et son
partenaire, Ikuya, également extrêmement travailleur, voire trop ( je n'irais pas jusqu'à dire que Nicolas s'est trouvé un esclave-stagiaire, mais pas loin ).
L'amorce
Depuis quelques années, la mode chez les jeunes architectes japonais, ainsi que pour les étudiants, est de construire des maisons divisées en plusieurs blocs. Il s'agit de l'une des idées
principales de notre projet.

Ce diagramme, dessiné à une vitesse folle par Shô sur
Adobe Illustrator ( il y a deux points sur lesquels on ne peut
pas les battre : les maquettes, et la productivité sur
Illustrator, tout bonnement impressionantes ), explique notre intention première de partir de la surface maximum alouée, à savoir
180m², puis de la diviser pour obtenir différentes intimités, nécessaires pour respecter le programme :
- Une " boite " pour les parents de 50m², accueillant leur chambre, une salle d'étude et une salle de bains ;
- Une " boite " pour les enfants de 30m², surdivisée en deux chambres de 15m² ;
- Une " boite " commune de 100m², accueillant la salle à manger, le salon, la cuisine et la seconde salle de bains.
Le tout sera abrité par un toit commun avec de larges débords.
Ici un schéma des différents moyens de ventilation naturelle. En effet, même si le programme autorise l'installation de systèmes d'air conditionné, le défi est de ne pas les utiliser, non pas par
motivations écoloprout ou je ne sais encore, mais simplement pour prouver que de tels machines bruyantes et coûteuses peuvent ne pas être nécessaires.
Le premier point important, dans les constructions edifiées dans des endroits chauds et humides, et de bâtir lâche et poreux. Au contraire de la maison thermos, concept d'habitat passif inventé par
nos amis allemands, qui a pour but de conserver un maximum d'énergie reçue, ici l'objectif est de créer un maximum de ventilation horizontale et verticale, en séparant cette fois physiquement les
trois blocs, en créant une grande hauteur de pilotis ( 2,20m ), et également en installation un système de puits canadien, aussi connu sous le nom de puits provencal. Le principe est simple, bien
que l'installation soit un peu coûteuse à cause des importants travaux de terassement que cela engendre : une pompe est installée à une profondeur telle que la terre environnante doit être aux
alentours d'une quinzaine de degrés celsius, c'est-à-dire deux mètres en France, quatre en Thaïlande. Cette pompe a pour rôle d'aspirer l'air environnant à température ambiante, le refroidir dans
les canalisations qui seront alors à une température plus fraiche, et de le ressortir, ici par un moyen spécial, au travers des pilotis, que nous avons choisi en tube métalliques à section carrée
de 25cm de côté, jusqu'à la base des murs du premier étage.
Tout le monde suit ?
Aussi, l'autre idée importante de notre projet à propos de la ventilation est la création d'un toit à double pente, mais décalés de quelques décimètres à leur sommet, de manière à évacuer un
maximum d'air qui se sera alors réchauffé, et qui sera donc remonté. Cette ouverture considérable permet d'avoir un phénomène de compression / dépression vertical qui je pense pourrait assez bien
fonctionner en réalité, et aussi d'éviter une réflection des gazs chauds avec un plafond clos.
Un petit rendu de
Maxon Cinema 4D pour vous donner une idée globale de notre projet. Vous pouvez y remarquer en premier lieu les débords de toiture, assez importants ( 30cm ) afin de
protéger des pluies souvent violentes, et également d'ombrager un maximum les pièces intérieures, ou même les corridors annexes, portés par des poutres en bois accrochées à la structure
poteaux-poutres principale.
La forme de la maison, à savoir proche de ce qu'on pouvait trouver dans les maisons coloniales de base, peut paraître un peu démodée, mais il y a quelques points assez originaux que j'affectionne
particulièrement.
Une petite vidéo sans grande prétention, pas franchement bien fichue, mais qui décortique les différentes parties de notre maison :
Une autre idée importante est le corridor central, de 1m50 de large, s'apparentant plus à une zone transitoire dans laquelle vous pouvez, conformément au mode de vie thaïlandais, retirer vos
chaussures. C'est également un espace vide de tout mobilier, séparant alors la cuisine américaine de l'autre espace commun, placé sur une marche de 15cm, regroupant la salle à manger et le salon.
Cette dernière est entourée d'un des corridors annexes, de 90cm de large.
Le corridor distribue ensuite à tour de rôle, de l'entrée ( nord ) jusqu'au jardin ( sud ), la salle de bains commune, les deux chambres des enfants, une terrasse en bois ombragée puisque abritée
sous le même toit, la " boite " des parents regroupant dans une même pièce la salle d'étude et la chambre, uniquement séparées par du mobilier imposant, et la seconde salle de bains privée.
Il se termine sur une porte de sortie vers le jardin, petit mais suffisant pour répondre, je pense, aux envies de ... planter des jolies fleurs.
Aussi, la terrasse de bois intermédiaire distribue un escalier, qui permet de rentrer chez soi en voiture puis d'accéder à l'étage sans s'aventurer dans des zones non abritées par le toit.
La structure est poteaux-poutres en métal, contreventée par des croix de Saint-André en quinconque, sur lesquels sont accrochés des structures secondaires en bois pour les corridors annexes et la
terrasse principale.
Nous n'avons pas fait cette structure en bois pour cause de prix éxorbitant des grosses sections ( en grande partie dû au contexte géo-politique tendu avec le Cambodge, principal exportateur de
bois de la région ).
Les murs sont en béton alvéolé, léger et poreux.
Au final, malgré peut-être son manque d'originalité dans sa forme, je pense qu'il s'agit d'une maison particulièrement confortable, agréable à vivre et bien adaptée aux conditions climatiques
thaïlandaises !
That's all folks !
Nicolas ( notez le petit pulicula sur son pseudo-livre
qui lui donne un pseudo-air pseudo-intelligent ), moi-même, Ikuya ( le partenaire de Nicolas, un véritable travailleur acharné, et un Dieu de la rapidité dans les maquettes ), et Shô ( pas mal
non plus dans le genre ).
Je remercie tout particulièrement la socièté japonaise fabriquant la boisson Vx11, un véritable concentré de vitamines, qui aident bien durant les quelques charettes ( légères hein ... ) que Shô et
moi avons pu faire pour ce fichu projet !
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