Maintenant tout nu, j'entre dans les bains, où chacun prend un seau jaune et un tabouret bleu, que l'on dispose devant un robinet individuel, pour faire sa toilette. Tout est carrellé bien
entendu, et chacun dispose d'un petit miroir dans lequel on prend le temps de se raser, de se faire beau. L'ensemble est propre, et la toilette poussée de chacun encourage la confiance.
Bien que je ne sois pas vraiment pudique ( ce n'est pas vraiment un scoop pour les gens de l'école ), j'ai eu un sentiment étrange, plutôt agréable en m'asseyant tout nu aux côtés de petits
vieux japonais, assez attendrissants par leurs mimiques et leur rythme paisible.
On frotte, on insiste, on refait, on repasse ; l'objectif est d'être le plus propre possible avant d'entrer dans les bains à remous au fond de la pièce. Après m'être rincé en me balançant des
seaux d'eau, je me plonge dans un des bains que je lorgnais depuis le début.
Ouh là, c'est chaud.
Je regarde le thermomètre : 42°C. Les remous et la chaleur me donnent une drôle de sensation, ni vraiment agréable ni le contraire. Je sors et décide de me relaver un coup à l'eau froide ; je
rentre une nouvelle fois et me rince une dernière fois à l'eau froide.
Le grand final
Bien propre, et surtout particulièrement revigoré, je me rhabille et me laisse tenter parce l'attraction que j'avais repéré, un siège massant ! Le marché de ces fauteuils à plusieurs milliers
d'euros m'a l'air particulièrement florisssant au Japon, on peut en voir dans presque tous les grands magasins. 100 yens pour quinze minutes, cela me paraît plus qu'honnête, même pour me faire
palper par des petits moteurs.
Pour ceux qui n'ont jamais essayé, c'est vraiment quelque chose à essayer au moins une fois ; de la plante des pieds à la nuque en passant par les mollets, tout votre derrière est massé, et ma
foi la programmation des moteurs est vraiment audacieuse.
En conclusion, le sento est une chose à faire pour chaque touriste au moins une fois dans son voyage. Pour les résidents à moyen terme comme moi, cela me semble être une bonne solution de
détente ponctuelle, pas vraiment chère puisque on peut y rester autant qu'on veut.
Concernant les japonais, je ne peux pas vraiment dire grand chose, si ce n'est que j'ai constaté que la moyenne d'âge était très élevée ( je tiens à rappeler que je suis dans un quartier
résidentiel tranquille ), et que bon nombre d'étudiants de mon université tendent à y aller en cas de nuit blanche, de travail intense.
Une dernière note pour les gens tatoués ; étant donné que les yakusas ( la pègre japonaise ) sont tous tatoués et mettaient en général un peu le foutoir, faisaient peur aux autres, les gens
tatoués peuvent être refusés à l'entrée. En général, il y a des avertissements avec une icône explicite, ce qui n'était d'ailleurs pas le cas de ce sento. Bien que les tatouages des mafieux
nippons recouvrent une grande partie du corps ( et soient au demeurant magnifiques ), même un petit tatouage occidental tout con peut vous embêter, d'après les quelques témoignages reçus.