Architecture

Mardi 18 novembre 2008
Anachronisme

Jeudi 13 novembre 2008, petite aventure en vélo jusqu'au Rainbow Bridge, pont suspendu au-dessus de la baie de Tôkyô achevé en 1993.

Arrivé à l'une des piles du pont, je délaisse ma bicyclette pour m'aventurer à pied sur cette construction tentaculaire. Pourquoi ce mot ? Simplement parce que le Rainbow Bridge rassemble plusieurs flux de circulations : plusieurs couches de voies routières et même un monorail, pour se redécanter à l'arrivée sur Odaiba.

Odaiba est un quartier entièrement artificiel, puisque construit sur des terre-plein, entre les années 1960 et 1980. Parcouru par le monorail futuriste Yurikamome, passant à 25 mètres d'altitude entre les tours, la construction fut stoppée au krash boursier de 1987, premier grand signe de faiblesse de l'économie japonaise d'alors. Aujourd'hui ponctué de zones vierges et autres friches, Odaiba n'en représente pas moins une partie du rêve Tokyoïte des années 80 de devenir l'une des villes les plus modernes au monde.

Rainbow Bridge 1 Rainbow Bridge 2 Rainbow Bridge 3 Rainbow Bridge 4 Rainbow Bridge 5 Rainbow Bridge 6
Par Léo Martial
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Jeudi 30 octobre 2008
Autoroutes suspendues en contre-plongée
J'avais déjà fait part non pas de mon admiration, mais de ma découverte des autoroutes suspendues en pleine capitale nipponne, qui me rappellaient sans cesse les visions utopistes du début du vingtième siècle, tel Metropolis de Fritz Lang ( 1927 ), ou encore actuelles, tel Appleseed ( 2004 ), mettant en valeur une société future composée de plusieurs couches de circulation verticales, jusqu'à des voies suspendues à une centaine de mètres de haut.

Quotidiennement, elles doivent être irritantes pour certains japonais, mais en tant que français encore émerveillé, je les trouve réellement belles.
Par Léo Martial
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Vendredi 24 octobre 2008
Jeudi matin, 8h30 du matin dans les environs de Harajuku. Petites prises de photos après un petit déjeuner ignoble.

Les incas sont devenus Business Men ... L'anarchie complète Ces deux bâtiments ne sont séparés que de cent mètres. La spéculation immobilière est tellement importante dans certains arrondissements de Tôkyô que l'on arrive très fréquemment à des abérrations de rentabilité et d'occupation du sol, du bâtiment massif et rentable jusqu'à la masure jouissant d'un recul assez conséquent pour y loger trois voitures. Ce qui, au prix du stationnement, représente tout de même un petit trésor.


Quand la banalité peut faire l'élégance Ce bâtiment m'a interpellé pour deux raisons. La première est que la qualité du béton banché est incroyable malgré l'absence de traitement spécifique : aucun bullage, surface lisse et imaculée de tout crépit disgracieux.
Mais la seconde, plus importante, est l'absence totale de fioritures : pas de peinture, pas de décorations, pas de moulures, des baies strictes et rectangulaires, des appuis fonctionnels empêchant simplement les coulures.

Cela représente pour moi l'une des élégances parfaites que l'on peut créer dans le domaine du bâtiment. En effet, j'aborde souvent les sujets du coût et de l'argent lors des discussions architecturales, ce qui peut sembler terre-à-terre, surtout pour un étudiant. Mais une création architecturale aura beau être composée de formes plus élégantes et élancées les unes que les autres ( exemple de Zaha Hadid ), cela représente plus une insulte au contribuable qu'une véritable oeuvre, étant donné que l'éxubération d'une richesse est toujours hautaine et prétentieuse. Aussi, je pense sincèrement qu'un ( trop ) gros budget amène à des fantaisies et des gadgets ( je vise Jean Nouvel cette fois, et particulièrement sa grosse bouse du Quai Branly ), mais jamais une intelligence de conception, qui se révèle lorsqu'il y a un manque, et qu'il faut le combler ( j'apprécie de nombreux travaux de Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal ).

Ici, cet immeuble abrite vraisemblablement plusieurs appartements ainsi qu'un commerce ( Convinient Store ), et il semble parfaitement remplir son rôle pour un coût de construction que j'imagine bas.


Un mur presque anodin Un mur qui pourrait paraître parfaitement anodin malgré sa baie étrange, mais qui ne l'est pas tant que ça au Japon, puisqu'il s'agit du premier béton banché peint que je vois, après presque un mois. Malgré son apparent jeune âge, on peut déjà y voir des coulures dues au manque de débords.


Spéculation, mais que fais-tu ? J'aimerais quand même bien savoir comment ce tas de bois à pû survivre, juste à proximité d'une des avenues les plus fréquentées de la capitale.


Une espèce d'horreur Européenne ... Une espèce d'horreur au style européen, à mi-chemin entre la France et le Portugal. Malgré les matériaux harmonieux entre eux, cela reste assez hideux et ne s'intègre pas au reste, mais alors pas du tout.


Serait-ce la maison d'un amateur d'astronomie fortuné ? Y aurait-il un amateur d'astronomie fortuné dans cette maison ?


Non, ce n'est pas un mur ...
Non, ce n'est pas un mur ... et non, ce n'est pas le restaurant de Kate Moss non plus.

Surprise ! Il s'agit bien d'un commerce en trois dimensions. Ouf ! On reste quand même sur le cul les chevilles en voyant la forme de la parcelle alouée à ce petit boui-boui de Takoyaki !

Un architecte schizophrène ? Et on ne garde pas le meilleur pour la fin avec cette tour construite par un architecte schizophrène, avec un traitement de verrière sans plus et une partie presque utilitaire sur la droite, orientée nord.
Par Léo Martial
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Lundi 20 octobre 2008
Quelques photomontages de Tôkyô, dont les titres sont en anglais. La classe, non ?


Pimp my House


Une photographie de trois maisons quasi-identiques en face de Teacher's Lodge, à Ishikawa-dai. Un petit traitement s'imposait pour leur donner un caractère unique, puisque la mode égocentrique actuelle l'exige.
Pimp my House

Highways to Sky

Où comment le simple trajet en bus de l'aéroport Narita jusqu'à Ishikawa-dai m'a rappelé quelques pensées utopistes du début du XXème siècle.

Highways to Sky

Spy Network

L'anarchie du réseau électrique de petites rues de Tôkyô fait directement penser à certaines choses, dont l'une, simple je reconnais, et mise en évidence avec cette ... bétise.

Spy Network
Dans le prochain épisode, peut-être enleverais-je des bourrelets d'une personalité politique importante ?

Par Léo Martial
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Mardi 14 octobre 2008
Deadline passed, informations can be released

Nicolas et moi avons rencontré Yokomizo Makoto à la fin du mois de septembre, soit quelques jours seulement après notre arrivée. Il s'agit d'un jeune architecte japonais de 45 ans qui commence apparemment à se faire un nom, tel que nous l'a décrit Kimi, l'étudiant de Tokai qui nous l'a présenté.

Son agence, aat + Makoto Yokomizo, architects, participe à un concours dans le but d'aménager une exposition secrete pour Lexus, filiale de luxe de Toyota, dont la deadline pour les rendus était ce matin ; dans le souci de respecter cette clause de confidentialité, je n'ai pas pu divulguer ces informations auparavant. Ils leur était nécessaire de préparer une animation en trois dimensions pour présenter leur travail, et pour ceci, ils ont fait appel à nous, Nicolas et moi.

Nous avons volontiers accepté, après avoir demandé toutefois s'il était possible que ce travail soit rémunéré. Je parle de cela pour parler des conditions de travail pour les étudiants-stagiaires en architecture. En effet, le statut des stagiaires ( ou même des employés ) travaillant dans des agences d'architectures au Japon me semble encore plus honteux que celui des français ; on frôle l'esclavage. Nombreux sont les architectes connus qui pensent qu'il est normal que ce genre de travail ne soit pas payé, même s'il s'agit de tâches ingrates, demandant énormément de temps et d'énergie, étant donné qu'il doit s'agit d'un honneur ou d'une connerie de ce genre de travailler pour eux. Aucune réponse précise ne nous a été fourni, passons.

Pour en revenir au sujet, la tâche était à la fois simple et ardue, étant donné que l'aménagement était relativement simple, mais que sa réalisation en modélisation 3D l'était moins. A savoir, une division des espaces en trois : un accueil avec une vitre sablée, une salle de réception remplie de voiles translucides mûs par une aération artificielle, et une salle d'exposition où est présentée une maquette à taille réelle de la future Lexus, en plastique transparent ! Oui oui, en plastique transparent, avec des composants tel que le moteur ou encore les essieux reproduits en plastique transparent.
Bref, ceux qui ont déjà fait un peu de 3D voient déjà la difficulté : comment gérer l'animation des voiles, la translucidité et la transparence correctement, sans que cela prenne trois révolutions de Nepture à calculer.

Avant de présenter le fruit de notre travail, je vais en premier lieu aborder le sujet de notre réunion avec les concepteurs de Toyota en charge de ce projet, qui nous ont exposés un morceau de modèle réduit de la voiture en plastique. Ce dernier leur a servi à exposer quelques effets spéciaux qu'ils désiraient, tel que le passage d'un laser au travers du modèle.

Passage du laser rouge au travers de la maquette
Passage du laser vert au travers de la maquette
La réunion Les photos, prises avec un long temps d'obturation, rendent bien mieux que la réalité. En effet, cet effet était pour le moins foireux, et surtout dangereux, étant donné que les réflections du laser étaient nombreuses et aléatoires ( après quatre rayons pris dans les rétines, j'ai attentivement regardé la mouche au plafond ).

Sont venues après les proposotions personnes de l'agence de Yokomizo-san, à savoir l'installation de voiles identiques à ceux de la salle de réception, en horizontal juste au-dessus de la maquette pour créer d'intéressantes réflections.




L'installation du voile.
La présentation finale.



Après la réaction positive des employés de Toyota, se sont suivis différents tests à propos de ces fameux voiles, qui ont eux aussi eus un petit effet sur tout le monde, quelques blagues japonais durant lesquelles, évidemment, Nicolas et moi nous sentions bien seuls, l'ingurgitation de deux bouteilles de thé dégueulasse fourni gracieusement par une hôtesse-potiche.




Notre boulot


Venons-en maintenant à ce que nous avons pondu.

Nicolas et moi avons fait un travail complémentaire, étant donné qu'il a travaillé sur le logiciel Rhinoceros, dans le but de modéliser le bâtiment ainsi que les sofas ( qui ressemblent à des choucroutes garnies ) ; quant à moi, j'ai travaillé l'ambiance ( lumières et ombres ), les matières et l'animation sur Cinema 4D. La gestion des animations des voiles n'était pas évidente, tout comme certains paramètres franchement laborieux à gérer, tel la transparence de la voiture, certains murs qui doivent être lumineux, les nombreuses surfaces noires, etc ...

Au final, nous avons rendu hier cette vidéo de 90 secondes qui a vraisemblablement satisfait notre commanditaire.


Dans l'attente des résultats, dans quelques jours ...
Par Léo Martial
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